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 Le changement climatique et le tourisme

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am3doure



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MessageSujet: Le changement climatique et le tourisme   Sam 21 Juil - 22:03

Le changement climatique et le tourisme

Prof. Peter KELLER - Président du Comité scientifique des Sommets du tourisme
en collaboration avec
Peter SCHMID - Expert, Département Fédéral des Transports DETEC (Suisse)



La discussion sur le changement climatique a repris suite à la récente conférence de Nairobi, au film de l’ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore et au manque de neige en ce début de saison d’hiver 2006/2007. Elle a aussi marqué le débat inaugural des 8e Sommets du Tourisme.

Selon les experts, le transport aérien est le plus grand pollueur touristique pour l'effet de serre. La voiture automobile pollue au niveau de l'air et du bruit. Une grande partie de la pollution automobile provient des mouvements des résidents des régions touristiques et non pas des visiteurs.

Le tourisme local semble donc plutôt être la victime que la cause profonde du changement climatique. Il subit les conséquences de l’effet de serre par exemple par la fonte des glaciers ou l’élévation de la limite supérieure de la neige.

Il faut aussi retenir que les flux touristiques ne sont pas la cause principale du gaspillage et de la pollution actuelle. Renoncer au tourisme ne serait donc pas une option. Il ne faut pas oublier que le tourisme est une des formes les plus populaires du bonheur dans nos sociétés et un des derniers refuges pour jouir de la liberté individuelle en dehors des contraintes sociales du quotidien.

Les besoins de transports des visiteurs en tant que faits objectifs
Les besoins de transports touristiques et les attentes doivent être pris au sérieux. Même s’ils ne répondent pas toujours aux postulats du développement durable. Ils sont des faits objectifs tout aussi importants qu'une infrastructure ou un équipement.

Or, on constate que les visiteurs potentiels sont essentiellement intéressés par la liaison la plus favorable, la rapidité, le confort et le prix du transport touristique. Ils sont pragmatiques et utilitaristes. Ils cherchent au niveau des chaînes de transport « voyage » et « séjour » la meilleure des solutions.

Certains voient dans le voyage un but en soi qui leur fournit des expériences inoubliables. « Le temps de voyage est du temps de loisir », surtout s’il est effectué sous forme d’un transport en commun confortable. Il ne faut pas non plus oublier que l’excursion en voiture a longtemps été un plaisir du dimanche de beaucoup de monde. La vitesse ne joue pas le même rôle dans les transports touristiques que le transport à des fins professionnelles.

C’est par contre frappant que selon une enquête allemande seul 1% des clients des agences de voyage de ce grand pays émetteur semble sensible au tourisme explicitement respectueux de l’environnement. Il y a quelques années, les clients d’un voyage organisé à destination d’une forêt vierge en Pologne n’étaient pas prêts à payer un surplus pour une visite guidée. Les sociologues allemands pensent que seuls des produits écologiques attrayants et ludiques pourraient changer ce comportement.

De l’autre côté, il est indéniable que ces visiteurs ne veulent pas que leurs expériences de voyage et de séjour soient troublées par les externalités ou conséquences négatives du transport et du trafic sur les routes d’accès et dans les régions et les stations touristiques. Personne n’aime les bouchons, le manque de places de parking, le bruit ou la pollution.

L’offre de transport et le développement touristique

De nouvelles offres de transport créent de la demande. Les grandes innovations de transport ont toujours eu une grande influence sur les structures touristiques. Mais il faut retenir que la mise à disposition d’infrastructures de transport n’est qu’un investissement préalable qui doit être complété par la mise à disposition d’équipements et de services touristiques.

Les grands tunnels qui se construisent actuellement dans l’espace alpin ne sont pas construits pour le tourisme. Ils traversent le souterrain des Alpes. Ils ont une fonction de transit, notamment pour les marchandises. Il n’est pas facile de tirer un profit touristique de ces grands investissements touristiques. Peu de régions alpines ont la chance du Valais, en Suisse, qui sera desservi, à partir de l’année prochaine, par un tunnel de base qui réduira sensiblement la durée du voyage pour les visiteurs provenant de marchés d’origine importants.

Porta Alpina dans les Grisons est un exemple d'une initiative qui veut tirer un certain profit pour le développement touristique à partir d’un grand investissement de transport. Ce projet-phare pourrait aider à développer le tourisme de toute une région. Cet ascenseur pourrait devenir une icône comme la Tour d’Eiffel pour toute une région.

Les « low cost carrier » du 21è siècle ont également des effets structurels. Ils améliorent l’accessibilité des destinations traditionnelles dans les pays développés qui ont libéralisé leur aviation civile. Ils offrent aux visiteurs ou touristes individuels les mêmes avantages que les vols charter des organisateurs de voyage offrent depuis les années 1960 au tourisme collectif ou de groupe.

Si l’on veut utiliser les avantages de cette forme rapide et bon marché de transport, il faut développer des produits touristiques appropriés. Les utilisateurs des « low cost » disposent de budget pour consommer des produits touristiques. Les prestataires dans le domaine des résidences secondaires l’ont fait.

La destination comme laboratoire pour le transport touristique

En principe, ce sont les autorités à l’échelon supérieur qui fixent les conditions-cadre du transport touristique. Les mesures concrètes doivent être prises dans le domaine des transports touristiques au niveau de la destination, véritable plate-forme de coopération entre secteur opérationnel et autorités locales.

La destination est un laboratoire pour innover dans le domaine du transport touristique. Cela avait commencé déjà avec les super stations françaises qui étaient les premières à intégrer une solution des problèmes de l'accès, du parking et des flux à l'intérieur de la destination. Elles ont toujours un caractère de modèle.

Les stations ou villes sans voiture sont une autre forme de gestion du problème du transport touristique local. C'est une solution qui exige des conditions géographiques et topographiques spécifiques. Elle pose des problèmes lorsque les flux de transport deviennent importants. Les exemples de Venise et du Mont St-Michel le démontrent.

L’exemple de Chamonix-Mont-Blanc montre que les grandes stations traditionnelles ont aussi des atouts pour améliorer et résoudre les problèmes de transport. Ce plus grand centre touristique des Alpes a successivement introduit une grande zone piétonne au centre du site avec des parkings souterrains. Il a mis a disposition de ces visiteurs et des résidents une série de transports en commun comme un réseau de bus, une navette entre des points de trafic à forte fréquentation et un projet de tram-train qui permettra un transport combiné entre autres avec une partie des domaines skiables.

Y a-t-il des alternatives à la voiture privée individuelle ?

Le tourisme vit essentiellement de la mobilité qui est aujourd'hui fortement une automobilité. 83% des résidents de l’Union européenne utilisent la voiture particulière durant la vie quotidienne, les voyages et les séjours touristiques. Il n’y a pas donc de véritable alternative à la voiture.

Il faut au contraire tenir compte de ce que les économistes désignent comme des externalités ou des irrationalités par rapport au comportement économique approprié, par exemple la tendance des consommateurs à acheter des voitures privées toujours plus cylindrées et lourdes comme les fameux « off roader ».

La motorisation individuelle et les transports par avion sont encore peu développés dans les grandes économies émergeantes. Le comportement de vacances d’un Européen de l’ouest est quantitativement 40 fois plus intensif en kilomètres. On possède 780 voitures pour 1'000 habitants aux Etats-Unis, quelques 500 en Europe occidentale et seulement 2 en Chine.

On a calculé, il y a quelques années, que si les Chinois adoptaient le même comportement, les réserves de pétrole seraient épuisées dans l’espace d’une décennie.

La station des Gets refuse le 100% de voiture.

Cela exprime une stratégie qui essaie de maîtriser le problème de la voiture et qui donne plus de place à d’autres formes de mobilité dites douces dans un sens large qui ne sont pas seulement écologiquement plus efficientes mais souvent aussi appropriées à l’expérience touristique de transport qui peut être lente, ludique ou tout simplement extraordinaire : « le coaster » dans les stations qui paraît sortir directement du « lunapark », le vélo dans Lyon pour visiter la vieille ville, héritage culturel mondial.

Il est important que la mobilité douce occupe l’espace public comme le fait « Suisse Mobile » avec ses pistes cyclables ou de randonnées et les « slow up ». Cela peut être des exemples ludiques et sportifs d’être actif d’une façon durable dans des espaces proches de la nature.

Les possibilités et les limites de la politique de transport touristique dans les économies de marché

Si l’on part de la liberté de voyager et de la liberté du choix de son moyen de transport, on comprend qu’une politique de transport touristique attrayante pour les visiteurs et énergétiquement efficiente est plutôt un art qu’un artisanat.

Les autorités ont intérêt à stimuler des initiatives de mobilité touristique. Ces efforts améliorent la compétitivité de site ou de régions touristiques. Le développement de la mobilité douce dans toutes ses formes n’est pas possible sans le soutien politique et financier des autorités régionales et locales et du contribuable. C’est le cas par exemple du gouvernement de la Région Rhône-Alpes qui encourage cette forme de mobilité et qui veut organiser les championnat du monde de ski 2008 dans la région « sans voiture ».

C’est le cas de Chamonix où la Mairie est au front de toutes les mesures pratiques qu’elle finance avec les fonds publics, soutenue par les milieux économiques intéressés.

Souvent même, elles sont obligées d’agir suite à des initiatives populaires contre des effets négatifs dans le cas de sur motorisation. C’est le cas en Californie où la population force un gouvernement conservateur à prendre des mesures de contingentement et de taxes sur le transport individuel privé.

Il ne faut en outre pas oublier que nous vivons dans une économie de marché dont les mécanismes peuvent souvent mieux résoudre les problèmes que les autorités.

(Le « Road Pricing » est une méthode efficiente pour résoudre le problème du trafic dans les grandes villes. Cet instrument ne peut pas être repris par les stations de villégiatures qui n’ont pas les pointes de trafic du monde du quotidien. Administrer des taxes dans le monde concurrentiel du tourisme est difficile. L’exemple de Venise le démontre clairement).

L’élasticité du prix de la demande et le choix du moyen de transport

Le prix d’une prestation de transport touristique est une variable importante. Des prix bas favorisent fortement un tourisme de grand nombre. Ils ouvrent de nouvelles destinations au tourisme. Ils influencent le comportement touristique.

Les hausses récentes du prix du pétrole ont ressuscité le débat quant aux conséquences pour le voyage et le tourisme. Jusqu’à présent, l’on ne peut pas constater que la hausse des prix du pétrole n’a pas encore eu une influence sur la décision de partir et le choix du moyen de transport.

Pourtant, malgré le progrès technique qui mène à une plus grande efficience dans le domaine de la consommation de carburant, l’on peut s’attendre à plus long terme au renchérissement du transport.
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